Péripéties Roumaines

Les tribulations de la famille Lapin en expatriation en Roumanie. Infos, bons plans et délires en direct.

jeudi 19 mars 2009

Parler roumain

La famille Lapin a entamé sans tambours ni trompettes et ce depuis le 20 janvier, sa deuxième année d'expatriation à Bucarest.

Les enfants ont une heure de roumain par semaine à l'école et connaissent les rudiments de la langue. Les couleurs, les animaux, quelques comptines, les saisons, l'alphabet et les mots usuels. Ils sont capables de se présenter et de comprendre une conversation simple.

Bref, ils parlent mieux roumain que papa et maman Lapin réunis.

A leur arrivée à Bucarest, les parents lapins, très motivés, ont décidé de suivre chacun de leur côté, mais avec le même professeur, des cours de roumain. Sans avoir la prétention de lire Mircea Eliade dans le texte, ils espéraient pouvoir rapidement se débrouiller avec un peu de vocabulaire et quelques conjugaisons.

Cette grosse vache professeur était celle de la société de papa Lapin, et il s'est avéré qu'elle n'a pas du tout éveillé, ni chez papa Lapin, ni chez maman Lapin, l'envie de progresser dans cette langue. Pas de méthode, encore moins de motivation, puisqu'elle annulait ses cours une fois sur trois, pour un simple rhume. A ceci s'ajoutant le baobab dans la main de maman Lapin et l'emploi du temps déjanté de papa Lapin, les cours se sont espacés pour finalement s'arrêter totalement.

Maman Lapin a bien essayé la méthode Assimil, sans succès.

Elle a essayé aussi de parler avec de vrais roumains, genre demander son chemin ou même l'heure qu'il est, pour s'entrainer. Les gens lui répondent invariablement en anglais, avouez que c'est vexant...

Et depuis quelques temps, le roumain lui fait défaut dans des situations bien précises qu'elle a pris soin de répertorier.

Voici donc la liste des phrases toutes faites dont maman Lapin aura besoin à l'avenir pour survivre à Bucarest :

NB : cette liste est non exhaustive et pourrait bien se rallonger avec le temps.

DANS LA RUE

"Saviez-vous que le trottoir est réservé aux piétons ?"
version in real life : "Hé gros plouc ! tu vois pas qu'à cause de ton 4X4 de luxe garé en plein milieu du trottoir, les honorables mères de famille comme moi sont obligées de descendre toute leur marmaille sur une chaussée où d'autre gros ploucs de ton espèce roulent à tombeau ouvert ?!!!"

EN VOITURE

"Voudriez-vous me céder le passage chère mâdâme ?"
version in real life : "Mais POUR QUI ELLE SE PREND la blondasse siliconnée dans son char d'assaut ? Alors parce qu'on roule français on doit s'écrabouiller et courber l'échine ?!! Elle va voir de quel bois je me chauffe celle là..."

DANS UN MAGASIN

"Pourriez-vous me donner un renseignement ?"
version in real life : "Dis donc toi le vendeur numéro 450 de cette boutique où il n'y a pas un chat, crise oblige, je suis probablement la seule cliente de ton après midi de mer... alors tu vas bouger tes grosses fesses et venir faire ton boulot, et avec le sourire en plus !! C'est déjà incroyable que je sois obligée de venir te chercher, tu vas pas soupirer en plus !"

AU RESTAURANT

"S'il vous plait, pourrions-nous avoir la note ?"
version in real life : "Eh dites donc la porte de prison, quand vous aurez fini de glander dans un coin avec les 50 autres serveurs, videurs de cendriers, réceptionnistes, débarasseurs d'assiettes, débarasseurs de verres apéro, essuyeurs de table et preneurs de commande, vous nous amènerez la note..."

DEVANT UN CHANTIER

50 ouvriers, 49 sont en pause, un seul travaille à la fois. Là il faut juste que maman Lapin apprenne par coeur la définition du mot "rentabilité" et qu'elle la leur récite bien fort.

AU SUPERMARCHE

"Heu excusez-moi de vous demander pardon, mais je suis un petit peu enceinte là (version actualisée 'j'ai un bébé d'1 mois dans la poussette'), alors j'ai un tout petit peu la priorité à cette caisse qui normalement m'est réservée."
version in real life : "T'es aveugle ou bien tu le fais exprès ? Ou alors peut être que je suis transparente ? Fo que je fasse quoi pour que tu me laisses passer ? Que je me mette à hurler ? Et toi la caissière qui m'as bien vue en train de poireauter, tu peux pas faire ton boulot et demander aux gens de me céder la place ?"

NON MAIS.

 

Posté par Asibella à 16:41 - Au coeur de Bucarest - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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jeudi 19 février 2009

Un post saint Valentin un peu en retard

LPJ - Comment voyez-vous le couple en Roumanie ?
Oltea-Daniela Joja -
Il est la base de la société, le modèle fondamental. Ne pas être en couple, c'est presque considéré comme un handicap. Mais il ne s'agit pas d'un couple équilibré, où priment la communication, la complicité, le désir de construire ensemble. Il reste un modèle très traditionnel, loin des modèles de couples modernes qui existent désormais en Europe de l'Ouest. Il suffit de comparer les publicités : ici, la femme va être celle qui nourrit et cuisine pour la famille pendant que son mari observe. En Allemagne, une pub va montrer un homme dans sa cuisine, qui parvient à retenir une femme séduisante parce qu'il a telle marque de yaourt dans son frigidaire. Là-bas, le rapport est équitable. De la même façon, dans les relations avec les enfants, les rôles restent très traditionnels, c'est la femme/la mère qui nourrit, lave, consacre du temps aux enfants.

Les rapports homme/femme en Roumanie ?
Le registre dans le couple est la plupart du temps très étroit, la femme n'y joue que deux rôles possibles, celui de la femme soumise, obéissante, dont le rêve et l'accomplissement sont d'avoir un homme, ou celui de la femme autoritaire, dominante. Il existe un énorme décalage entre la femme roumaine "professionnelle", qui dans son travail se montre excellente, rigoureuse, compétente, et la femme dans le couple, qui une fois rentrée à la maison dispose d'une autonomie zéro. Il y a peu de variations et de nuances entre ces deux registres. La femme ne se considère et n'est considérée par la société comme un être complet que si elle a un homme. D'où cette tendance à la soumission, à l'acceptation, au pardon, quitte à subir des humiliations. Elle est dans l'auto-sacrifice. Elle peut être dure, autoritaire, chercher à tout contrôler, mais au final, elle est dans la soumission.
L'homme, lui, est généralement macho et détient le pouvoir dans le couple, ce sont ses besoins et ses souhaits qui passent en premier. Toujours. C'est le cas pour tout, de la vie quotidienne au sexe. Idem dans son rapport à la fidélité. L'influence du harem ottoman se fait sentir, et l'homme définit encore sa virilité par ses conquêtes. Et comme la femme a tendance à tout pardonner... Il y a quelques années, j'avais réalisé une étude : sur 200 jeunes femmes patientes interrogées, près de 70% citaient la capacité à pardonner, la pitié, comme la qualité indispensable pour être séduisante et féminine aux yeux d'un homme.

Comment définiriez-vous le jeu de la séduction en Roumanie ?
Ici, il y a peu de courtoisie, de notion de galanterie. Pourquoi? Parce que l'homme n'a pas vraiment à conquérir la femme, c'est elle qui va venir vers lui. Les hommes roumains n'ont pas ce désir de charmer les femmes, ils iront rarement lutter pour une femme. La femme au contraire fait beaucoup d’efforts pour plaire à l'homme, comme le prouve l'importance accordée à l'apparence physique et au stéréotype de beauté véhiculé par les médias. Il n'y a donc pas de rapport équilibré dans la séduction. La preuve, le rendez-vous amoureux type se déroule selon le scénario suivant. On sort au café, au restaurant, et pour les plus jeunes, en club le vendredi ou samedi avec des amis. Et en général, l'homme parle énormément de lui et attend de la femme qu'elle l'écoute.

Et la Saint Valentin?
Les Roumains sont très conformistes et la Saint Valentin est devenue une sorte de tradition. Donc l'homme va sortir sa femme au restaurant, lui acheter un cadeau, mais plus pour "faire comme" ses amis, ses collègues et le raconter ensuite.

Propos recueillis par Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com – Bucarest) vendredi 13 février 2009

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dimanche 21 décembre 2008

Vive la Roumanie ! (suite)

Qu'on ne se trompe pas.

J'aime ce pays où nous avons posé nos valises il y a maintenant un an.
Rire de ses travers et de ses lacunes aide à prendre du recul quand certaines personnes se laissent submerger par le côté négatif et deviennent fermées à la beauté de ce pays, à sa culture et à ses habitants.

Oui l'expatriation peut renforcer le chauvinisme, voire faire naître une certaine xénophobie, si l'on n'y prête pas attention. J'ai moi même été sur le fil du rasoir ces derniers temps.

Je n'ai que trop peu parlé de ce beau pays depuis que j'ai ouvert ce blog.

J'ai envie que ça change.

Et je commence tout de suite, avec l'hymne national, que les enfants ont appris en classe en cours de Roumain et que je trouve superbe.

Posté par Asibella à 06:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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vendredi 19 décembre 2008

Vive la Roumanie !

Ce n'est pas exagéré  !!

J'apprécie particulièrement, l'image véridique, de l'ouvrier qui trime tout seul alors que tous les autres sont en pause et le regardent. Ca c'est du rendement !

Et la pinup endimanchée, sac, bottes et ceinture assorties, qui s'embourbe en sortant de son coupé parce que sa maison de luxe avec une salle de bains par chambre est posée au milieu d'un terrain vague et qu'au bout de trois ans il n'y a toujours pas de route pour y accéder...

Posté par Asibella à 10:07 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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